Parti socialiste

HOMMAGE À OUSMANE TANOR DIENG (02 Janvier 1947 – 15 Juillet 2019) : Un géant est tombé !


Rédigé le Lundi 29 Juillet 2019 à 13:34 | Lu 167 fois | 0 commentaire(s)



Un Grand est parti ! Un grand commis de l’Etat s’en est allé. Un homme poli et policé. Un homme élégant; d’une élégance physique et morale remarquables à tout point de vue ; je parle d’un énigmatique gentleman taciturne, beau et discret. Un homme fort, armé d’une expérience de trente cinq ans au cœur de l’État. 
Un homme plein de savoir, un cimetière de secrets, qui a rejoint le cimetière des hommes, emportant avec lui un trésor immense. Ousmane Tanor DIENG, un intelligent politique, éminent diplomate, impressionnant par une culture générale maousse, une plume tant chantée par ses pairs - experte -, pour dire vrai, et parce que reconnue par toute sa génération. Un homme qui a eu le privilège d’avoir travaillé avec les quatre présidents de la République du Sénégal, vient de nous quitter, ce 15 Juillet 2019. 
O.T.D. a reçu les honneurs de la République à l’arrivée de sa dépouille mortelle à l’aéroport international de Diass. Devant le Président Ibrahim Babacar KEITA, son homologue sénégalais, au nom de l’Etat, devant  les Représentants des différentes institutions, et le peuple en miniature, a prononcé un discours d’adieu à l’homme d’État émérite. Un hommage pathétique, symbolique, retraçant l’exceptionnalité de son cursus. 
Diplômé de l’Ecole Nationale d’Administration, section diplomatie, Ousmane Tanor DIENG est un conseiller des Affaires Etrangères ayant servi en 1976, au Ministère des Affaires Etrangères comme conseiller chargé des Affaires Internationales. En 1978, il rejoint le cabinet présidentiel comme Conseiller diplomatique du président SENGHOR. En 1981, il est reconduit au même poste aux côtés du président DIOUF dont il devient le Directeur de cabinet en 1988, puis Ministre d’Etat, Ministre des Services et des Affaires présidentiels, de 1993 à l’an 2000. En 2001, après la chute du PS, il entre à l’Assemblée Nationale et devient le président du groupe parlementaire socialiste. Aussi, au plan politique, il est vice président de l’Internationale socialiste, président du comité Afrique et est membre de la Commission « Ethique » de l’internationale socialiste. Il quitta ce bas – monde, alors qu’il présidait les destinées du Haut Conseil des Collectivités Territoriales (HCCT). 
Toujours costumé de couleur sombre assortie de chemises bleues dont un de mes neveux avait dénommé « bleu – Tanor », Ousmane Tanor DIENG savait être tiré à quatre épingles. J’ose affirmer qu’il faisait, à coup sûr, partie des plus élégants dans le landerneau politique sénégalais. Ce bel homme avare en paroles, froid et flegmatique à la limite, debout sur un buste bien droit qui rappelle la posture d’un budoka, qu’il fut, parce que karatéka, connu du « Yukokaï karaté club », qui a guidé ses premiers pas dans la discipline, a incarné sa vie durant, toutes les vertus inhérentes à cet art.  Je parle de politesse, de courage, de discipline, de patience…Je me rappelle au souvenir de cette presse qui l’avait surnommé Jaruselski, du fait de son air austère, le comparant audit Général, Wojciech Jaruselski, ancien chef de l’État de la Pologne. 
Encaisseur devant l’eternel, l’homme a toujours fait face aux critiques les plus acerbes, aux attaques, justifiées ou pas, et parfois à colorations de méchanceté, surtout dans l’arène politique, faisant preuve de grande hauteur, baignant dans un climat de sérénité corrélée à une écoute attentive  propre aux grands hommes, aux adeptes du donner et du recevoir. Il savait recevoir des coups et ne pas en rendre, comprendre l’autre en dépit d’une adversité tenace, débiter, en guise de réponses, un propos avec force arguments, dénué de moindres relents de haine voire d’écarts de langage sur un ton placide et courtois, à l’image d’une voix constante, jamais ébranlée. 
Homme de principes, alliant fidélité et loyauté dans ses relations, arcbouté sur les textes qui régissent ses domaines de compétences, ce serviteur de l’État a, ses vertus aidant, et loin des contingences politiques, su être à équidistance des Sénégalais de tout bord. Les nombreux témoignages attestés par les citoyens ont un dénominateur commun : politesse, altruisme, discipline, savoir, connaissance de l’État, haute idée de la République…Au détour d’un de nos échanges, mon camarade et ami, le professeur titulaire des universités, Maouloud DIAKHATÉ, président de commission au HCCT, me fit l’aveu des hautes qualités qu’il a décelées chez l’homme, si peu qu’il ait collaboré avec lui dans cette institution. Idem pour mon ami Mouhamadou Lamine BIAYE, docteur és lettres à qui il a suggéré lors d’une discussion, compte tenu de son profil académique, de rédiger la biographie de grands Sénégalais. Tandis que ce dernier, comme par prémonition, lui rétorquait que c’est lui ferait la sienne.  
Pour ma part, devenu premier adjoint au maire de la commune d’arrondissement de Dieuppeul – Derklé avec l’équipe de Bennoo Siggil Sénégal, vainqueur des élections locales de 2009, O.T.D., accompagné de Serigne Mbaye THIAM, feu Tarass DIOP et Doudou Issa NIASSE, assista à notre passation de service avec l’équipe sortante du PDS dirigée par le maire Wally FALL. À son contact, je me présentais à lui, comme étant le frère de sa camarade Ndeye Fatou TOUNKARA, il me parla vaguement avec courtoisie. Etonné par son propos laconique, on me fit comprendre qu’il est de nature à parler peu, à fortiori à quelqu’un qu’il ne connait pas bien. 
« Yalla nama yalla may ma déssé sama ngor » avait – il laissé entendre, répondant à un journaliste d’une chaine de radio de la place, à la question de savoir à quoi a-t-il pensé en premier lieu, sitôt que la chute du parti socialiste fût proclamée, en 2000. Il fulmina qu’il ne saurait être question de transhumance de sa part; à Dieu ne plaise. Cramponné dans des valeurs propres aux hommes dignes et vertueux, il suppliait déjà Le Très Haut de lui permettre de rester dans le sillage que son honneur lui avait tracé. En d’autres termes, rester fidèle et loyal au parti socialiste qui lui avait tout donné. 
La banderole portant sa silhouette au fronton de la maison du parti socialiste résumait ses traits de caractères en ces mots : Compétence, Rigueur, Expérience et Intégrité. Lorsque sa silhouette m’ébranle l’esprit, s’impose à ma mémoire cet outil de communication. 
Ayant eu l’honneur d’avoir lu l’hommage qu’il a rendu à son ami Bruno DIATTA, j’appréciais, au demeurant, l’expertise de sa plume. Un texte concis, limpide, rédigé dans un style direct où il disait, entre autres : « De toi mon cher Bruno, les générations présentes et futur retiendront que les bavards sont ceux qui, peu, savent. ». J’en déduis que je comprends dès lors que compte tenu de ce faisceau de secrets gardés par devers sa modeste personne, j’allais dire l’homme d’État vivant au centre de la République, il s’était formellement proscrit le bavardage. Il savait beaucoup. Or donc, il était obligé, les graves charges de l’État aidant, de s’emmurer dans ce silence de cathédrale qui faisait de sa personne une équation à plusieurs inconnues. 
Depuis son intégration au cœur du parti socialiste par son mentor, le président DIOUF, il a tenu de mains de maitre cette formation qu’il a réorganisée et coachée, je dis depuis les départs de caciques comme DJIBO L. KA, Moustapha NIASSE et autres, à nos jours. Du témoignage du maire socialiste Bamba FALL, après son rappel à Dieu, nous apprenons qu’il lui avait fait la confidence de l’idée de retrouvailles de toute la famille du PS. Hélas, le sort avait déjà décidé. 
Venu présenter ses condoléances à sa famille, le président DIOUF, accompagné de ses enfants et de son épouse, a exprimé, par le truchement d’El Hadj Mansour MBAYE, au-delà de sa peine, les liens filiaux,  affectifs, politiques et professionnels qui sous – tendaient le binôme constitué par leurs deux personnes. Ainsi, le père rendait un dernier hommage au fils ainé, ravi à son affection, comme allégué avant l’enterrement par le fils ainé biologique, Pierre Mokhtar DIOUF. 
En Ousmane Tanor QIENG, le Sénégal vient de perdre un digne fils qui a servi la République pendant plus de trois décennies, un éminent homme politique au style atypique, un modèle pour les jeunes générations évoluant dans l’arène politique. Un homme ayant fait sien l’adage : « La bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe. ». Mes condoléances à sa famille, à la République, au peuple sénégalais et au parti socialiste ! 
Que la terre lui soit légère ! 
Adieu l’homme d’État ! 
« Inna lilahi wa inna ileyhi radj’oun » 
Mame Abdoulaye TOUNKARA  
Citoyen sénégalais




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