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Soutien de Cheikh Seck à Macky Sall

Faire le choix de ses intérêts
« Ils ont des yeux et ne voient pas, des oreilles et n'entendent pas. »

Soutien de Cheikh Seck à Macky Sall
Le parti socialiste gagnerait à être plus regardant sur les déclarations de ses militants, particulièrement ceux d'un niveau de responsabilité élevé. Leurs propos peuvent impacter nos camarades à la base, et au delà, l'opinion publique. Ils sont investis de responsabilité et de pouvoir dont ils tirent honneur, privilège, prestige et autres avantages. Le revers de cette médaille, c'est que le peuple les identifie au parti qui les a investis. Ils sont souvent des références pour le militant de base qui peut s’inspirer de leur action pour légitimer sa démarche.
 
La dernière sortie en date est celle du camarade Cheikh Seck, membre du Secrétariat Exécutif National, député, président de commission à l'assemblée nationale, et maire de Ndindy qui a fulminé, selon Xibaru: « Si notre coalition Benno Bok Yaakar, décide d'investir le Président Macky Sall, moi personnellement je le soutiendrai pour briguer un troisième mandat car rien ne s'y oppose, si on s'en tient à la jurisprudence d'Abdoulaye Wade, en plus au sein de la Coalition Benno Bok Yaakar je ne vois pas une personne à la trempe du Président Macky Sall. »
 
Cette déclaration a soulevé l’ire de nombreux socialistes. Hommes, femmes, adultes et jeunes ont exprimé en chœur leur légitime indignation et leur colère. La clameur qui s’est estompée momentanément pour « laisser passer l’orage » des inondations montre que le Parti socialiste ne doit pas laisser cette sortie pourrir dans la corbeille des pertes et profits. Il y va de sa crédibilité.
Rien ne s'y oppose dit il, alors qu’un article de la Constitution s'y oppose à travers son énoncé que nous citons : « Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs ». Les déclarations du président Maky Sall s'y opposent également; lui même qui fulmine: « la Constitution me l'interdit ». Son premier mandat est un mandat, son second mandat l'est également. Ce sont des mandats quelque soit la durée de l'un ou l'autre qui sont consécutifs.
 
Que dire de l'offense qu’il a faite à la majorité présidentielle, à son parti et à lui même, en disant: « au sein de la coallition, je ne vois pas une personne de la trempe de Maky Sall » ? Et moi qui croyais que l'honorable député maire lui même en avait la trempe ! Cette phrase est une ritournelle, et le prolongement de celle de « l'iremplaçabilité » mollement théorisée sous Senghor Diouf et Wade. Quand bien même, c'est une offense faite aux nombreux cadres que compte la coalition Benno Bok Yaakar. Ce discours est également annonciateur d'une défaite, car, s'il réussit à convaincre les Sénégalais qu'une personne de la trempe de Maky Sall, on ne peut la trouver que dans l'opposition ou au sein de la société civile, eh bien, il y'a de fortes chances que le candidat de la coalition Benno Bok Yaakar soit battu à la prochaine élection présidentielle.
 
Toutefois et par bonheur, ce qu'il ne voit pas ne signifie pas ce qui n'existe pas. Car, des cadres qui ont la trempe d'un chef d'État, c'est à dire, qui ont de l'envergure intellectuelle, une haute conscience morale, de la vigueur, de la fermeté, de l'expérience, et j'en passe; ces cadres la existent bien, et sont identifiables au sein de la coalition Benno Bok Yaakar, principalement dans le parti socialiste qui mérite mieux et beaucoup plus que cette humiliante déclaration.
Le parti socialiste qui se dit respectueux de la république et de ses valeurs, peut il se permettre de soutenir une candidature interdite par la Constitution, et que le probable candidat, lui même gardien de la Constitution, a rejeté avec fermeté ? Peut il s'abstenir de présenter sa candidature et la faire porter par une coalition qu'il a contribué à créer, à rendre conquérante, et à installer dans la durée; une coalition dont il a soutenu le leader jusqu'au bout et aux prix d'énormes sacrifices. Peut il s'interdire à vie de concourir au suffrage universel ? Ces questions méritent d'être discutées dans les cadres habilités. La réponse pourra bien être : « Non, notre parti n'est ni un mouvement de soutien ni un faire valoir, et il devra concourir aux suffrages ». De même qu'elle pourra être autre. L'essentiel est que les instances auront décidé, dans la discipline, et dans le respect des règles du jeu démocratique. A défaut, chacun pourra agir à sa guise et, sur la trace des leaders, clamer haut le choix de ses intérêts. D’autant que les militants de base n’ont rien à perdre.
 
Ibra Fall

15/09/2020