XVème édition de la Journée du Souvenir en hommage à Léopold Sédar SENGHOR


Rédigé le Mercredi 21 Décembre 2016 à 21:32 | Lu 47 fois | 0 commentaire(s)


Propos introductif de M. le Président Ousmane Tanor DIENG Secrétaire général du Parti socialiste


 XVème édition de la Journée du Souvenir en hommage à Léopold Sédar SENGHOR
Chers camarades,
Chers invités,
 
Je souhaite remercier toutes celles et tous ceux qui, par leur présence à cette soirée culturelle, renouvellent, ici comme ailleurs, le contrat de fidélité à l’égard de SENGHOR, un penseur prodigieux dont les engagements politiques, doctrinaux, philosophiques et culturels sont restés, à ce jour, d’une étonnante actualité et valent autant pour le présent que pour l’avenir.
A quoi reconnaît-on la fécondité d’une pensée sinon à sa capacité à anticiper le futur dans ses lignes de forces, dans les potentialités qu’il renferme avec la particularité de transcender les contingences et de demeurer, comme aurait dit Héraclite d’éphèse, dans une dynamique du « mouvement perpétuel ».  C’est la raison pour laquelle, me semble-t-il, de SENGHOR, de son œuvre, on peut parler à tous les temps : au passé, un passé sans consonance nostalgique, au présent bien sûr et au futur sans aucun doute.
A une question sur lui-même qui lui a été posée, il répondit : « Oui je suis historique. Non pas par mes mérites, mais par les circonstances ». Tout SENGHOR est dans ce concentré. Il faut plutôt, mes chers camarades, nous demander pourquoi une pensée née au 20ème siècle continue-t-elle de structurer, d’inspirer l’intelligentsia africaine et mondiale avec autant de vigueur. C’est bien là le propre d’une pensée dialectique qui se nourrit d’une rationalité que je qualifierai d’inclusive, dès lors que ce qui importe pour SENGHOR, c’est non pas de s’abandonner au constat résigné des contradictions du réel, notamment celles qui relèvent de la sphère socio-culturelle, ethnique, religieuse, ou civilisationnelle d’une manière générale, mais de parier sur l’idée qu’il est possible et souhaitable de réussir non pas un syncrétisme mais une symbiose dans laquelle chaque peuple du monde se reconnaîtrait.
Il y a très clairement la recherche quasi obsessionnelle, chez SENGHOR, de points d’articulation et de convergence entre des cultures différentes et spécifiques, laissant paraître une volonté permanente d’identifier des universaux, des valeurs transculturelles dans le phénomène global de la culture, d’où le concept de civilisation de l’Universel, considéré comme le fondement de l’humanisme senghorien. Cette dimension, dans la pensée de  SENGHOR, est d’autant plus actuelle qu’elle se laisse apprécier à l’aune des turbulences, des inquiétudes et des peurs que suscite un monde de plus en plus globalisé, de plus en plus indifférencié. Si SENGHOR est, comme on le décrit avec justesse et raison, l’homme des confluences, le théoricien fécond du métissage culturel, sa pensée est, par la force des choses, devenue une issue de secours, une voie de salut. L’exacerbation d’un phénomène contemporain des replis identitaires, de l’éloge qui est fait des particularismes ethnico-religieux, représente autant d’impasses potentiellement meurtrières qui rendent nécessaire l’urgence d’un ressourcement dans la pensée de SENGHOR. SENGHOR invite donc à une ascèse de tous les instants. Il s’agit d’être soi pour mieux être en concordance avec les autres. C’est bien la mise en évidence des principes et des valeurs qui permet de conduire l’homme à sa plénitude individuelle et sociale. Créateur de culture, SENGHOR, ne l’oublions pas, a été, dans la continuité de sa pensée, un théoricien puissant et profond d’une philosophie politique qui a donné en exemple à l’Afrique et au monde ce que pouvait signifier la voie africaine du socialisme démocratique. Retenons, au-delà des considérations doctrinales, la dimension culturelle nationale que SENGHOR assignait à celle-ci dans la définition des modalités de sa mise en oeuvre à la différence de l’approche marxisto-léniniste.
Bref, nul n’échappe en vérité à SENGHOR, nul n’est à l’abri de la saine influence que sa pensée exerce sur chacun de nous de manière consciente ou non, qu’elle soit subie ou assumée. L’affirmation de l’Unité de l’Afrique, en tant que champ culturel, prépare chez SENGHOR l’affirmation de l’unité culturelle de notre continent.
Il y a une citation de référence que je tire du livre culte de Mohamed AZIZA intitulé «la poésie de l’action». Je le cite : « L’anthropologie, l’histoire, démontrent que toutes les grandes civilisations sont de métissage biologique et culturel et que celles-ci ont commencé par s’élaborer aux latitudes de la Méditerranée, à la rencontre des Blancs, des Jaunes et des Noirs ». Comment aujourd’hui ne pas se rendre compte que l’essentiel des problématiques qui agitent notre époque ne font que remettre en perspective la pensée de SENGHOR. On ne définit pas autrement un visionnaire. Restons fiers de cet homme.
Je vous remercie.
 
 
 




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