Les positions de pouvoir se méritent


Rédigé le Mardi 8 Novembre 2016 à 10:12 | Lu 53 fois | 0 commentaire(s)


Peu entendu sur la rébellion au sein du PS ? Abdoulaye Vilane, le porte-parole du parti socialiste affiche ici les positions du PS face à la fronde.


Le PS a voté pour la poursuite de l’alliance électorale au sein de BBY. Quelle signification donnez-vous à ce vote positif ?
C’est l’expression de la démocratie au sein de mon parti. C’est aussi la preuve que nous fonctionnons de manière transparente. La forme importe autant que le fond. Le PS est le seul parti au sein duquel la démocratie est une réalité. On a fait des primaires pour élire le SG. On vient d’organiser une consultation sur un choix d’alliance. Pour les prochaines législatives

La massivité du Oui n’est-elle pas le résultat du fameux « blindage » qui avait cours dans les années Senghor et Diouf ? 
Le PS n’est plus le même parti et a abandonné beaucoup de ses travers. Toutefois, nous sommes dans un pays où il y a des phénomènes têtus. Et la culture citoyenne ou la culture démocratique en pâtissent. Simplement, je dirais qu’il n’y a pas de démocratie sans démocrates. Il est fréquent sur tous les champs de compétition de voir les gens contester des résultats. Mais ceux qui contestent ont-ils organisés dans leur « coordination » des consultations pour permettre aux militants de s’exprimer ?

Malgré ce vote, des militants du PS continuent à réclamer une rupture avec BBY. Quelle est la position du parti face à ce discours et certains comportements de ces camarades à vous ?
Nous allons régler ce problème sans faiblesse coupable ni cruauté inutile. Nous écoutons tout ce qui se dit. Le parti tirera les conséquences et les leçons de tout cela.

27 mille électeurs socialistes ! Le PS actuel n’est plus dans ses standards anciens. Ou le PS a-t-il perdu son âme ?
Du tout. Sous Senghor ou Diouf, 2000 militants en congrès décidaient. Aujourd’hui, nous consultons des assemblées de 200 délégués dans chacune des 138 Coordinations pour élire le Secrétaire Général, investir le candidat ou pour décider des questions politiques majeures comme les alliances actuelles. Qui fait mieux ? Les « has been » nostalgiques du centralisme démocratique ou du dirigisme autocratique sont ridicules dans leurs revendications. Les anciens du PS se souviennent des motions sous le regard d’un SG craint. Cette période est révolue. Nous marchons en avant pour changer notre parti et le pays, droits dans nos bottes.
Si dans une assemblée, on est minoritaire, il faut l’accepter. C’est cela la démocratie. La force d’une organisation c’est la discipline sinon il n’y a plus de parti. Ou alors, et je n’ose pas le croire, il y a volonté de torpiller le PS.

Jusqu’où cette rébellion contre la ligne du parti peut continuer ?
Je ne désespère que les gens vont se ressaisir. Vous allez me rétorquer que je suis naïf. Jusqu’à présent ceux qui parlent se disent défendre notre camarde Khalifa. Or celui-ci n’a jamais fait de déclaration dans un sens quelconque. Je n’ai pas encore vu de propositions en porte-à-faux avec la ligne du parti, de sa part, sur quoi que ce soit.

La crainte de revivre d’importantes saignées comme durant les années Wade et les dernières années Diouf ne vous empêche t-elle de bouger ? 
Le PS vit des moments fabuleux. Nous nous devons d’inventer un avenir en s’appuyant sur les compagnonnages actuels sans renier ce qui est notre identité. Le PS a l’obligation de réfléchir sur les mutations auxquelles il se doit de se soumettre. Inventons un monde meilleur pour notre parti et les générations à venir. C’est le crédo.

La direction actuelle du PS n’est-elle pas trop modeste dans ses ambitions ? Les mandats de députés ou de membres du HCCT suffiraient-ils à faire le bonheur du PS d’aujourd’hui ?
Que non ! Non et non ! La conquête du pouvoir est partielle actuellement. Elle est appelée à devenir intégrale. Cependant, l’ère des partis hégémoniques est terminé. Regardez dans l’APR, il y a des divergences portées par des hommes ou sur des idées. Le PDS l’a vécu. Partout dans le monde, on parle de démarche inclusive, de gouvernance partagée. Ce qui suppose un enrichissement à partir des différences. J’invite les jeunes à lire les idées développées par Diouf sur le consensus et le sursaut national. Et je ne suis ni conservateur ni nostalgie ou réactionnaire. Une société sans crise ni contestation n’existe pas. Il faut seulement qu’il y ait des mécanisme pour les juguler. Il faut de l’humilité pour dépasser les crises. On ne va pas chercher à s’imposer mais à convaincre. 
Si nous devons aller à la rencontre des populations et les convaincre pour que demain nous ayons plus de députés, plus d’élus. La fin n’est pas l’hégémonie mais de faire ce qu’il faut pour satisfaire aux besoins de ceux qui élisent.

Le débat actuel est fondé sur les hommes. 
L’élite politique est en retard pur ne pas dire paresseuse et manque de courage. Elle fait du positionnement et ne fait pas d’offres politiques fondées sur des idées. 
L’expérience actuelle dans la majorité présidentielle et au sein de BBY démontre que le plus important c’est moins le nombre de postes que la nécessité de travailler dans l’intérêt du pays et de préparer l’avenir dés maintenant dans un large consensus autour des réformes indispensables, inéluctables. Qu’un acteur politique oserait me dire qu’on ne doit pas réformer dans l’éducation, la gestion des affaires publiques ? Les réformistes ont toujours été des alliés de socialistes. Et Macky est réformateur, réformiste et républicain. N’est-ce pas Jaurès qui a dit « le socialiste, c’est la république jusqu’au bout. » Débattons ! Les positions de pouvoir se méritent. Préparons nous à incarner  l’alternative après Macky.




Dans la même rubrique :
< >

Mercredi 12 Avril 2017 - 19:55 Coordination de France (Communiqué N°2017001)






Partager ce site

Derniers tweets
Parti Socialiste : Secrétariat exécutif national (53 ème séance du Samedi 14 octobre 2017): Réuni en... https://t.co/u3Ea0efWgg https://t.co/RSu65YbuVi
Lundi 16 Octobre - 09:35
Parti Socialiste : Cette drôle candidature de Barth (Contribution): Comme tout le monde, c'est à travers... https://t.co/bbhW0d2ZFY https://t.co/LWFuxpZ1wv
Jeudi 28 Septembre - 21:20
Parti Socialiste : Temoignage de Ousmane Tanor DIENG (Décès Djibo Laity KA): Nous avons appris, avec une... https://t.co/ckgG3bsf1Y https://t.co/MlKTMYX9oc
Samedi 16 Septembre - 08:23

Inscription à la newsletter